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Opinie Jan de Keyser

Les pommes de terre gratuites n'existent pas.

11 Avril 2026 - Jan de Keyser - Commentaires 18

Le secteur de la pomme de terre est en difficulté. Ce n'est plus un secret. Ce qui est frappant, en revanche, c'est la rapidité avec laquelle le débat public se laisse séduire par des images de « pommes de terre gratuites ». Des images qui font mouche, suscitent des émotions et sont bien accueillies par les médias, mais qui, du même coup, déforment la réalité d'un secteur complexe et performant.

Commençons par les faits. Derrière chaque pomme de terre se cache une chaîne d'investissements : plants, fertilisation, protection des cultures, mécanisation, main-d'œuvre et stockage. Il s'agit d'une culture à forte intensité capitalistique et à haut risque. Le fait qu'une partie des pommes de terre du marché libre ne trouve actuellement pas preneur est indéniablement un problème, mais cela ne représente pas l'intégralité du problème.

La grande majorité de la récolte de pommes de terre belges est soumise à des contrats. À quelques exceptions près, ces contrats sont scrupuleusement respectés par une industrie de transformation de la pomme de terre qui figure parmi les meilleures au monde. Cette réalité reste méconnue.

Par ailleurs, il existe un marché du frais bien établi pour les pommes de terre de consommation, avec différentes variétés, différents circuits de distribution et une logique économique distincte. Les producteurs spécialisés dans la qualité, le conditionnement et les circuits courts pratiquent des prix équitables. L'image de « pommes de terre gratuites » compromet totalement ce modèle économique.

L'accent est désormais mis sur la distribution gratuite des excédents. Une intention louable, sans aucun doute. Mais est-ce le bon choix d'un point de vue économique et stratégique ?

Premièrement, cela fausse la perception des prix. Le consommateur qui apprend que les pommes de terre sont distribuées gratuitement se demande inévitablement pourquoi il devrait encore les payer. Cela exerce une pression sur l'ensemble du marché.

Deuxièmement, cela crée une confusion quant au produit lui-même. Les surplus sont principalement composés de variétés industrielles comme la Fontane. Adaptées à la transformation, certes, mais pas à tous les usages. Lorsque les consommateurs sont déçus du résultat, cela rejaillit sur l'ensemble de la pomme de terre.

Troisièmement, une question plus fondamentale se pose : faut-il dévaloriser l’alimentation pour rétablir un équilibre temporaire du marché ? La production alimentaire n’est pas une catégorie résiduelle. Elle est le fruit de l’esprit d’entreprise, du savoir-faire et de la prise de risque.

Ce qu'il faut, c'est de la nuance. Du respect des contrats. Une bonne compréhension de la diversité du marché. Et une communication efficace.

Soyons clairs : les pommes de terre gratuites n’existent pas. La facture est toujours payée – par le producteur, la chaîne d’approvisionnement ou, en fin de compte, par le consommateur.

Jan de Keyser

Il est directeur Agri & Food de BNP Paribas Fortis en Belgique. Dans ses opinions, il réfléchit aux évolutions stratégiques du secteur agricole.
commentaires
Commentaires 18
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fermier simple 11 Avril 2026
C'est en réponse à cela Boerenbusiness article:
[url = https: // www.boerenbusiness.nl/column/10915816/gratis-aardappelen-bestaan-niet]Les pommes de terre gratuites n'existent pas[/url]
Des pommes de terre gratuites existent bel et bien, du moins pour le moment. Espérons que la situation évoluera bientôt.
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11 Avril 2026
Cultiver des pommes de terre gratuitement est impossible. En revanche, on peut en donner gratuitement. Le problème, c'est qu'on ne peut pas en donner une si grande quantité.
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Branche pauvre d'Arie. 11 Avril 2026
Cher agriculteur, je regrette que vous ne compreniez pas, ou ne vouliez pas comprendre, le fond de cet article. Je le trouve honnête et réaliste ; il montre clairement que le secteur n'est pas à genoux et que la majorité des producteurs n'ont pas eu une mauvaise récolte de pommes de terre, et qu'un nombre important d'entre eux ont même obtenu une bonne récolte pour 2025. On comprend aisément l'amertume de ceux qui, pour une raison ou une autre, n'y participent pas. Je suis entièrement d'accord : ces récoltes ne sont pas données gratuitement. Je partage également l'avis de l'auteur : c'est presque un coup de poignard dans le dos pour la filière de la pomme de terre de consommation. (Ce sont mes mots.)
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le cultivateur 12 Avril 2026
Écrit par quelqu'un qui perçoit sa pension mensuellement. Et ce chroniqueur n'est lui aussi qu'un salarié. Tous deux banalisent la situation. Ils n'ont absolument aucun égard pour la violation massive de contrat que commet le secteur.
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Klaas 12 Avril 2026
Excellent article ! Il est clair que la facture des pommes de terre gratuites devra bien être payée un jour ou l'autre !
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bombe à retardement 12 Avril 2026
le producteur a écrit :
Écrit par quelqu'un qui perçoit sa pension mensuellement. Et ce chroniqueur n'est lui aussi qu'un salarié. Tous deux banalisent la situation. Ils n'ont absolument aucun égard pour la violation massive de contrat que commet le secteur.
Ces contrats ne sont-ils finalement pas juridiquement irréprochables ? Ont-ils été rédigés unilatéralement par le client ?
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vrijbuiter 12 Avril 2026
Arie, du calme ; tu n'as pas investi un sou et pourtant tu veux toujours avoir le dernier mot et te la jouer monsieur-je-sais-tout. Un vrai connard dégoûtant.
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œillères 12 Avril 2026
Le problème majeur, à la lecture de l'article, réside dans l'expansion incontrôlée de la race Fontane. En période de pénurie, le secteur pouvait se contenter de n'importe quelle race, mais face à la surproduction actuelle, ce sont ces races qui sont les premières à péricliter. Les éleveurs ont suivi le secteur sans réagir et doivent désormais gérer les conséquences.
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jan 12 Avril 2026
Il n'y a pas que les producteurs. Agrico est aussi coupable ; ils n'ont cessé d'augmenter leurs stocks de semences de Fontane faute de mieux, et d'engranger les bénéfices avec la variété Lycenti, mais leurs producteurs s'en rendent compte seulement maintenant. On obtient à peine 10 000 euros pour la Fontane cette année. Mauvaise gestion.
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œillères 12 Avril 2026
jan a écrit :
Il n'y a pas que les producteurs. Agrico est aussi coupable ; ils n'ont cessé d'augmenter leurs stocks de semences de Fontane faute de mieux, et d'engranger les bénéfices avec la variété Lycenti, mais leurs producteurs s'en rendent compte seulement maintenant. On obtient à peine 10 000 euros pour la Fontane cette année. Mauvaise gestion.
Beaucoup de choses dépendront des ventes réalisées lors de la prévente, mais si les Agrias sont maintenant proposées à moins de 20 centimes, cela n'augure rien de bon pour le prix.
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12 Avril 2026
freebooter a écrit :
Arie, du calme ; tu n'as pas investi un sou et pourtant tu veux toujours avoir le dernier mot et te la jouer monsieur-je-sais-tout. Un vrai connard dégoûtant.
En clair, pour certains commentateurs, cette description est un euphémisme. Il faut les flatter, sinon ils semblent recourir à un langage archaïque ☺. Donnez ces pommes de terre, vous vous en débarrasserez et n'y pensez plus. De toute façon, ça ne peut qu'empirer.
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œillères 12 Avril 2026
a écrit:
freebooter a écrit :
Arie, du calme ; tu n'as pas investi un sou et pourtant tu veux toujours avoir le dernier mot et te la jouer monsieur-je-sais-tout. Un vrai connard dégoûtant.
En clair, pour certains commentateurs, cette description est un euphémisme. Il faut les flatter, sinon ils semblent recourir à un langage archaïque ☺. Donnez ces pommes de terre, vous vous en débarrasserez et n'y pensez plus. De toute façon, ça ne peut qu'empirer.
La dernière phrase est incorrecte. « De toute façon, ça ne va pas empirer. » Il aurait fallu écrire : De toute façon, ça ne va pas s'améliorer cette saison.
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12 Avril 2026
Oui, en effet. C'est gentil de votre part ☺
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bert 12 Avril 2026
Le camion de fourrage viendra volontiers charger si vous payez 2 centimes de plus.
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novateur 12 Avril 2026
en tas ou de retour sur la terre ferme.
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CM 12 Avril 2026
inno a écrit :
en tas ou de retour sur la terre ferme.
Entassez-le pendant au moins un an et attaquez-vous-y en prévoyant un risque élevé de gel.
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Zuidwest 12 Avril 2026
Article médiocre d'un homme qui se prétend « sage ». Il y a une crise dans tout le secteur de la pomme de terre ; personne ne peut le nier. Une crise qui dépasse le simple cadre d'un producteur ayant ou non un contrat. Une crise qui dépasse les frontières des Pays-Bas ou de la Belgique. Une crise plus grave encore que celle des années de pandémie. Fondamentalement, la situation est catastrophique. Se plaindre ne sert à rien, bien sûr ; il vaut mieux se concentrer sur les solutions. Mais cet homme « sage » minimise la gravité de la situation. Son discours ressemble à celui de la bureaucratie ; elle peut parfois paraître ainsi. Avec une telle façon de penser, aucune solution ne sera trouvée.
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Branche pauvre d'Arie. 13 Avril 2026
sud-ouest a écrit :
Article médiocre d'un homme qui se prétend « sage ». Il y a une crise dans tout le secteur de la pomme de terre ; personne ne peut le nier. Une crise qui dépasse le simple cadre d'un producteur ayant ou non un contrat. Une crise qui dépasse les frontières des Pays-Bas ou de la Belgique. Une crise plus grave encore que celle des années de pandémie. Fondamentalement, la situation est catastrophique. Se plaindre ne sert à rien, bien sûr ; il vaut mieux se concentrer sur les solutions. Mais cet homme « sage » minimise la gravité de la situation. Son discours ressemble à celui de la bureaucratie ; elle peut parfois paraître ainsi. Avec une telle façon de penser, aucune solution ne sera trouvée.
On peut parler de crise si on veut, mais d'après ce que je vois et entends, la quasi-totalité des accords et contrats sont en cours de finalisation, et cela concerne toujours la grande majorité des producteurs de pommes de terre. Qualifier l'article de jargon bureaucratique est une attitude faible qui coupe court à la discussion.
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