La plainte déposée contre le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, a mis en lumière le risque de dépréciation du dollar. Une autre plainte a même légèrement accru ce risque par rapport aux anticipations actuelles des marchés des changes.
Si un banquier central manque à ses obligations, les conséquences peuvent être désastreuses. Et cela ne se limite pas à une inflation galopante. Jerome Powell, alors président de la Réserve fédérale américaine, est aujourd'hui accusé d'une tout autre erreur. Selon un acte d'accusation fondé sur son témoignage devant le Congrès l'an dernier, il aurait dépensé des sommes exorbitantes de fonds publics pour la rénovation du siège de la Fed.
Révélations croustillantes
Le procès révélera sans aucun doute une série d'informations croustillantes. Dans quelle mesure était-il réellement nécessaire de construire un magnifique jardin sur le toit ? Mais quelle part des coûts est imputable à l'emplacement malheureux du siège de la Réserve fédérale, construit en 1937 sur un ancien marécage remblayé ? La réponse à cette question ne sera probablement connue que bien après le départ de Powell. Son mandat s'achève le 15 mai et Trump nommera vraisemblablement son successeur prochainement. Un autre danger plane sur le dollar cette semaine : un procès qui suscite beaucoup moins d'attention que les accusations portées contre Powell.
Rayez les mesures commerciales
La Cour suprême des États-Unis devrait se prononcer mercredi sur la légitimité des droits de douane imposés par Donald Trump à de nombreux partenaires commerciaux. Lundi dernier, le président américain a averti qu'une invalidation de ces mesures commerciales par la plus haute juridiction serait de mauvais augure pour les États-Unis. Dans ce cas, des centaines de milliards de dollars de droits indûment perçus devraient être indemnisés. De plus, une telle décision permettrait aux pays de réclamer le remboursement des coûts engendrés par la délocalisation de leur production vers leur marché intérieur.
Quand est-ce que la situation va vraiment dégénérer ?
Dans ce scénario, le dollar chuterait probablement du jour au lendemain vers le bas de la fourchette de 0,84 € à 0,87 € dans laquelle il évolue depuis juin. Par ailleurs, l'incertitude juridique croissante annonce un bouleversement du paysage monétaire. Le statut de valeur refuge du dollar, déjà fragilisé par les politiques commerciales imprévisibles de Trump et l'augmentation de la dette publique américaine, risque d'être davantage compromis. Les entreprises opérant dans des pays dont la monnaie est le dollar ont tout intérêt à évaluer et à couvrir soigneusement leurs risques de change. Compte tenu de la stabilité des taux de change ces derniers mois, le coût de la couverture est relativement faible, tandis que le risque d'une forte volatilité sur les marchés des changes augmente rapidement.
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