Sur le papier, la Chine fonctionne exactement comme prévu, et cela ne se reflète pas dans le taux de change du renminbi. Mais derrière ce chiffre respectable de 5 % se cache une économie qui dépend de plus en plus des exportations et de moins en moins de la consommation intérieure.
Chacun a rêvé de recevoir sa propre note après un examen à l'école primaire. Pour le Parti communiste chinois, ce rêve est en partie devenu réalité. Selon les chiffres officiels publiés hier, la croissance économique en 2025 aura atteint exactement 5 %. Coïncidence ou non : c'était précisément l'objectif officiel. Sur le papier, c'est une performance impressionnante. L'économie chinoise a subi plusieurs revers l'an dernier, comme la guerre commerciale avec les États-Unis et la réticence des ménages à effectuer des dépenses importantes en raison d'un marché du travail et du logement atone.
Nouveau record d'exportation
L'exportation a été le moteur de l'économie chinoise l'an dernier. Malgré les droits de douane américains sur les importations, l'excédent commercial a bondi d'environ 20 % pour atteindre le niveau record de 1 200 milliards de dollars. Si le pays a exporté moins de biens et de services vers les États-Unis, cette baisse a été largement compensée par une forte croissance des exportations vers l'Europe et, surtout, vers ses voisins asiatiques. Parallèlement, la hausse des importations observée ces dernières années s'est quasiment enrayée. L'amélioration de la balance commerciale témoigne donc non seulement de la capacité de la Chine à faire face aux pressions commerciales, mais aussi des difficultés que rencontre son économie intérieure.
ménages vulnérables, société vieillissante
Soyons honnêtes : un étudiant qui s’attribue une note de 10 qu’il ne mérite pas en subira tôt ou tard les conséquences. Cela vaut également pour la Chine. Selon le groupe de réflexion Capital Economics, les chiffres officiels surestiment le taux de croissance réel d’au moins 1,5 %. Cet écart est particulièrement visible au sein des ménages chinois. La crise immobilière, qui dure depuis des années, a érodé l’épargne principale des familles, tandis que la croissance des salaires est à la traîne et la sécurité de l’emploi se dégrade, surtout chez les jeunes. Le chômage des jeunes citadins reste élevé et les contrats temporaires sont la norme. Par ailleurs, la Chine est confrontée à une évolution démographique défavorable. La population active diminue depuis plusieurs années, tandis que le vieillissement de la population se poursuit à un rythme soutenu.
L'histoire douloureuse derrière une bonne figure de croissance
Derrière une croissance plus forte que prévu se cache une réalité bien plus sombre. La croissance économique est le fruit de l'augmentation de la population active et de la productivité. La perspective d'une baisse significative du nombre de travailleurs à l'avenir rend de plus en plus difficile pour la Chine d'atteindre ses objectifs de croissance. Pour l'instant, rien n'indique que ce soit le cas sur les marchés des changes. L'année dernière, le renminbi s'est apprécié de près de 5 % par rapport au dollar. Initialement, la banque centrale chinoise avait choisi de laisser la monnaie s'apprécier légèrement afin d'apaiser les tensions commerciales avec Trump. Depuis, cette hausse est principalement due à l'important excédent commercial. Malgré des défis économiques considérables, le renminbi devrait se maintenir à un bon niveau en 2026.
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