Les Pays-Bas sont en passe de ternir leur image agricole traditionnellement exemplaire. L'ancien PDG d'ASML, Peter Wennink, désigne le secteur laitier comme principal responsable du blocage des permis. Selon l'Agence néerlandaise d'évaluation environnementale, les programmes de rachat n'ont quasiment aucun impact sur l'amélioration de l'environnement.
Aux Pays-Bas, une obsession pour l'azote paralyse le secteur agricole. Des facteurs essentiels comme la structure du sol, sa gestion et la gestion de l'eau sont négligés ; la recherche sur le terrain est ignorée. Les agriculteurs biologiques et les produits à base d'engrais à chaîne courte peinent énormément à survivre, malgré les millions de subventions que leur verse l'État. Cibler un marché de niche est inutile. Le consommateur privilégie la facilité et refuse de payer plus cher.
Le monde systémique se heurte violemment au monde vécu. L'illusion met à mal les fondements de notre prospérité. L'ignorance du système alimentaire est consternante. Animées par un sentiment de supériorité morale et élitiste, les opinions concernant les abus présumés au sein du système alimentaire dominent le débat politique et médiatique, et des normes éthiques excessives sont imposées.
Les producteurs alimentaires ont été contraints de se soumettre.
Comment le secteur agricole réagit-il et que font les producteurs alimentaires ? Face au flot incessant d’informations négatives, ils sont épuisés et se replient sur eux-mêmes. La défense des intérêts du secteur agricole est très fragmentée ; la confiance mutuelle est difficile à instaurer. L’accord agricole a échoué. Avec la suppression des offices de produits agricoles en 2015, les financements des campagnes d’information sur les produits laitiers, les légumes, les fruits, les œufs et la viande ont disparu. Les ONG monopolisent l’espace public avec des messages intrusifs sur les méga-exploitations agricoles, les poulets de chair, l’épandage de pesticides et l’abattage des vaches.
Au Danemark, un accord agricole a effectivement été conclu.
En 2024, un accord agricole a été conclu au Danemark. Le secteur agricole (Landbrug et Fødevarer), les organisations environnementales et de protection de la nature, les syndicats et l'industrie ont participé aux négociations. La culture coopérative, profondément ancrée dans la société danoise, constitue le fondement de cet accord. La réussite danoise repose notamment sur l'encadrement juridique des relations publiques et de la promotion du secteur. Les agriculteurs danois versent une petite contribution par unité produite ou en fonction de la valeur de leurs terres. Grâce à la participation de tous, la charge financière par agriculteur est faible, mais le budget total se chiffre en millions. Ces fonds sont placés dans une fondation indépendante, dotée d'un cadre juridique solide. Cette fondation utilise ce budget pour créer un soutien public structurel – une sorte de « licence de production » –, informer les consommateurs sur les pratiques agricoles durables mises en œuvre par les agriculteurs et promouvoir la position solide des produits danois à l'exportation dans le monde entier.
Que font les associations professionnelles agricoles ?
Aux Pays-Bas, en vertu d'une déclaration générale contraignante similaire, des fonds sont automatiquement prélevés auprès des producteurs alimentaires au profit, entre autres, de ZuivelNL, de BO Akkerbouw et de Producten Organisatie Varkenshouderij. À l'exception de POV, qui promeut activement « The Pig Story », ZuivelNL et BO Akkerbouw sont totalement invisibles auprès du public. C'est surprenant, étant donné que ces organisations disposent de budgets respectifs de plus de 11 millions d'euros et 3 millions d'euros, selon leurs chiffres annuels publics. Pendant ce temps, au grand dam des éleveurs laitiers et des céréaliers, les campagnes contre le « lait de démolition » et les « charrettes toxiques » se poursuivent sans relâche.
Il est trop facile d'accuser ZuivelNL et BO Akkerbouw de passivité. Par exemple, ils consacrent beaucoup d'efforts à l'éducation alimentaire, mais celle-ci reste largement méconnue du consommateur néerlandais. Une fois de plus, la fragmentation des fonds empêche une vision positive et optimiste de l'agriculture et de l'horticulture néerlandaises. Le Danemark a, quant à lui, encadré juridiquement cette situation par une loi sur les aides agricoles.
200 € par entreprise génèrent 10 millions d'euros par an pour les relations publiques.
Les Pays-Bas doivent faire un usage plus judicieux de la Déclaration de valeur générale contraignante. Au lieu de financer la promotion ou le lobbying, la contribution obligatoire devrait être explicitement liée à des objectifs tels que la transparence, l'éducation des consommateurs au développement durable, l'innovation et le partage des connaissances. Une campagne sur les efforts des agriculteurs en matière de biodiversité ou de réduction de l'azote pourrait toutefois être financée collectivement, car elle sert l'intérêt public.
Avec plus de 50 000 agriculteurs et horticulteurs néerlandais convertis, une cotisation annuelle de 200 € par entreprise génère un budget de 10 millions d’euros. L’organisme RVO collecte cette cotisation et la reverse directement à la fondation indépendante. Au Danemark, la communication est crédible car le secteur lui-même a clairement opté pour la neutralité climatique. Le budget collectif sert à diffuser ce message.
Création du Conseil des produits 2.0
Dans l'accord de coalition, D66, CDA et VVD affirment leur volonté de renforcer les capacités de mise en œuvre du secteur : « Nous lançons donc la création d'un Conseil des produits 2.0. » Cette initiative est l'occasion idéale de mettre de côté nos egos et nos intérêts personnels pour enfin œuvrer à la mise en place d'une organisation de relations publiques unique, globale et indépendante. Qui relèvera ce défi ?
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C'est en réponse à cela Boerenbusiness article:
[url = https: // www.boerenbusinessQue peut apprendre le secteur agricole des Danois ?
Je suis tout à fait d'accord : il faut s'inspirer du Danemark. Là-bas, ils ont quasiment banni tous les systèmes de gestion des semences. Espérons (sans vouloir offenser les agriculteurs danois) que la situation dégénère catastrophiquement afin que Bruxelles prenne conscience de l'inacceptabilité de cette situation. Sinon, nous risquons de nous retrouver dans la même situation avec notre ministre de l'Agriculture écologiste.