D'après les données d'Eurostat, le cheptel porcin néerlandais est celui qui a le plus diminué au sein de l'Union européenne. La pression exercée sur le cheptel porcin européen ces dernières années était à nouveau clairement visible en 2025. Le cheptel porcin européen total a d'ailleurs continué de se réduire. Pour en savoir plus sur l'évolution du cheptel porcin européen, consultez notre article.
Le cheptel porcin européen a légèrement diminué en 2025, selon les données d'Eurostat. En 2024, l'Union européenne comptait encore 132,14 millions de porcs. Un an plus tard, ce nombre est tombé à 131,52 millions, soit une baisse de 0,5 %. Cela montre que le marché européen continue de se contracter. Sur une période de cinq ans, le cheptel porcin a quant à lui diminué de 9,9 %. En 2020, on recensait 145,92 millions de porcs.
Les Pays-Bas affichent de loin la plus forte contraction en termes relatifs, avec une baisse de 10,192 à 9,419 millions de têtes (-7,6 %), témoignant d'un net déclin structurel. Ce déclin est principalement dû au programme LBV+, qui a accéléré la contraction planifiée du secteur. Au cours des cinq dernières années, le cheptel porcin néerlandais a diminué de 18,4 %.
Les trois meilleurs classiques chutent brutalement
L'analyse des principaux producteurs européens révèle des résultats mitigés. L'Espagne, premier producteur, enregistre une baisse de 34,57 à 33,65 millions de porcs (-2,7 %), signe d'une correction à la baisse après le pic de 2024. Alors que la plupart des cheptels porcins européens ont diminué ces cinq dernières années, le cheptel espagnol a progressé jusqu'en 2024, enregistrant une croissance de 5,6 %. Toutefois, suite à la chute brutale des prix, les éleveurs espagnols ont décidé de réduire leurs effectifs. La production a également diminué en raison du SDRP (syndrome dysgénésique et respiratoire porcin).
L'Allemagne, quant à elle, reste relativement stable et enregistre une légère croissance, passant de 21,29 millions à 21,49 millions de têtes (+0,9 %). Il s'agit vraisemblablement d'une correction à la hausse après le fort recul observé entre 2020 et 2024, période durant laquelle le cheptel porcin a diminué de 18,3 %. La France, traditionnellement le troisième marché mondial, poursuit son déclin. On observe une légère tendance à la baisse, avec un faible recul de 11,71 millions à 11,64 millions de têtes (-0,6 %). En France, ce déclin est structurel : le cheptel porcin a diminué chaque année au cours des cinq dernières années, pour un recul total de 13,1 %.
La population porcine danoise augmente de manière significative
Parmi les principaux producteurs, le Danemark se distingue par la plus forte croissance : son cheptel porcin passe de 11 583 à 12 274 têtes (+6 %). Cette hausse s'explique par une évolution significative des pratiques d'élevage. Les éleveurs de porcelets ont rencontré des difficultés à trouver des acheteurs, ce qui a conduit à un accroissement de la production nationale de porcs de boucherie. Il en a résulté une augmentation substantielle du cheptel danois. Parallèlement, les grands abattoirs danois ont stimulé la production nationale de porcs de boucherie.
Cette forte croissance peut également être considérée comme une correction, étant donné la forte contraction du secteur porcin danois ces dernières années. Malgré la croissance enregistrée en 2025, le cheptel porcin danois reste inférieur de 8,3 % à son niveau de 2020.