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Opinie Joost Derk

Nokkie et Loonie ressentent la douleur du report de l'OPEP

29 Novembre 2023 -Joost Derks

Le report d'une réunion importante de l'OPEP n'augure rien de bon pour la manière dont les États membres adhèrent aux accords sur les limites de production. La pression sur les prix du pétrole prive pour le moment la couronne norvégienne et le dollar canadien de tout potentiel de hausse.

Au cours de l’été, il a semblé pendant un certain temps qu’une nouvelle remontée des prix du pétrole allait alimenter à nouveau l’inflation. Entre fin juin et début octobre, le prix du baril de pétrole Brent est passé de moins de 75 dollars à plus de 90 dollars. Après une baisse amorcée début octobre, le prix est retombé en dessous de 80 $ en début de semaine. En partie parce que l’économie chinoise se comporte moins bien que prévu en début d’année, la demande de pétrole est sous pression. Le marché à terme indique qu’une reprise rapide n’est pas évidente. Un contrat pour une livraison fin 2024 se négocie à moins de 78 $. Et d’ici fin 2027, ce sera encore moins de 70 dollars.

Conflit pétrolier en Afrique
Une baisse des prix se fera sentir dans les budgets de nombreux pays exportateurs de pétrole. Il semblerait donc que le cartel pétrolier OPEP profiterait de la réunion du week-end dernier pour conclure des accords sur des restrictions de production. En fin de compte, cela n’a rien donné. À l'approche de la réunion, certains pays de l'OPEP se sont tellement disputés que l'organisation a reporté la réunion à jeudi prochain. Il faudra d’abord aplanir certaines difficultés dans le cadre d’un conflit entre pays africains, avant de déterminer jusqu’où le robinet du pétrole sera fermé en 2024. En juin, l'OPEP a convenu avec la Russie que la production commune serait limitée à 3,66 millions de barils par jour au moins jusqu'à la fin de l'année prochaine.

Des prix du pétrole en baisse
La question est de savoir si le prix du pétrole va rebondir de manière significative si l’organisation réduit à nouveau sa production. Ces dernières années, la production dans d’autres pays – notamment aux États-Unis – a considérablement augmenté. La chute des prix du pétrole se répercute également considérablement sur les marchés des changes. La couronne norvégienne et le dollar canadien, entre autres, y sont sous pression. Cette dernière monnaie a chuté d'environ 5% depuis fin septembre. En plus de la baisse des revenus pétroliers, le huard est également sous pression parce que l'économie canadienne se porte beaucoup moins bien que celle des États-Unis. Le monde des affaires est relativement plus endetté, de sorte que les intérêts courus se font également sentir plus fortement.

L’intérêt devient un trouble-fête pour le dollar canadien
Les économistes tiennent déjà compte du fait que la Banque centrale canadienne réduira ses taux d'intérêt beaucoup plus tôt que la Réserve fédérale l'année prochaine. Et la baisse des taux d’intérêt constitue généralement un obstacle pour une devise. La couronne norvégienne n’est pas concernée. À l’automne, par exemple, la banque centrale norvégienne a fait allusion à une hausse des taux d’intérêt avant le début de l’année. La politique différente des taux d'intérêt explique pourquoi le nokkie est coincé dans une bande passante comprise entre 0,84 € et 0,89 € depuis le printemps. Et à moins que l'OPEP ne décide jeudi de réduire considérablement sa production, il ne faut pas s'attendre pour l'instant à un feu d'artifice de la part des devises pétrolières telles que le huard et le nokkie.

Joost Derk

Joost Derks est spécialiste des devises chez iBanPremier. Il a plus de vingt ans d'expérience dans le monde des devises. Cette colonne reflète son opinion personnelle et n'est pas conçue comme un conseil professionnel (d'investissement).

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